Bille de Clown (résumé), Points de vue Critiques
Kawa et compagnie
Un vrai cheval sur scène résout une énigme policière
(spectacle tout public à voir en famille)
BILLE DE CLOWN
Comédie policière, équestre et musicale
De
Musiques: Philippe Davenet
Paroles des chansons: Jeanne Béziers
Production: Kawa et Compagnie (avec le soutien de la Région Hte Normandie, du Conseil Général Seine Maritime et des villes de Notre Dame de Gravenchon, de Canteleu, de Gisors et de la Maison de l'université de Mont Saint Aignan)
Mise en scène: Jeanne Béziers Distribution:
Scénographie : Ludovic Billy Jean Pierre Bourdaleix, le commissaire Bravard
Lumières: Jean-Claude Caillard Pascal Sanchez, Imré Maros le gitan
Costumes : Mélanie Neveu Laurent Beucher, Liselotte la femme à barbe
Chorégraphie: Marion Soyer
Musique enregistrée: P.Davenet, claviers, V Crépel, percussion, G. Yon, ingénieur du son
Et Kawa (poney welsh) dans le rôle de Bille de Clown
Sale histoire!
Ce polar équestre est l'histoire d'une rencontre improbable entre un commissaire, un gitan et un cheval. Il s'agit de retrouver le coupable bien sûr, mais aussi et surtout de s'apprivoiser, comme dans le petit Prince. On est ici sur une piste de cirque, on aurait pu être sur un ring. Avec un sens de l'esquive particulièrement prononcé. L'un pose des questions, l'autre répond toujours à côté et souvent en musique, le cheval écoute et finalement propose la solution.
La forme, littéraire, est contrebalancée par les deux personnages muets qui sont au centre de cette affaire : la femme à barbe, Liselotte et le cheval, Bille de Clown. On a donc deux personnages parlants, même plutôt bavards, et deux personnages muets, le tout dans les coulisses d'un cirque à l'ancienne. Notre envie est de faire référence à des genres anciens : le cinéma muet, le cirque, la foire, et de s'en amuser avec notre langage d'aujourd'hui.
Les deux personnages qui sont le plus liés au cirque, la femme à barbe et le cheval, sont ceux qui ramènent au drame, et les deux personnages « sérieux » deviennent assez vite des clowns. Le commissaire patauge sur une piste qui ne le mène nulle part et Imré, le gitan dissout l'enquête avec ses chansons. La femme à barbe est désespérée, et le cheval est sacrifié. Le décor lumineux accentuera les contrastes entre soleil et ombre, ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas et dont on parle, ce dont on ne parle pas et qu'il faudrait regarder. La régie sur scène, faite par la femme à barbe sera un signe de plus que l'on mélange fiction et réalité, piste et coulisse…Petite fable burlesque sur la solitude Où l'on tourne en rond sur un monde aplati.
Jeanne Béziers, metteur en scène
DUREE DU SPECTACLE: 65 minutes sans entracte
Dates de tournées:
Notre Dame de Gravenchon
Théâtre des Trois Colombiers Les 23, 26 Novembre 2007 à 14H
Le 24 Novembre 2007 à 10H
Le 27 Novembre 2007 à 20H30
Canteleu
Espace François Mitterrand Le 15 Décembre 2007 à 16H
Bois Guillaume
Espace Guillaume le Conquérent Le 13 Janvier 2008 à 16H
Mont Saint Aignan
Théâtre de la Maison de l'Université Le 4 Mars 2008 à 20H30
Gisors
Théâtre Municipal Le 26 Avril 2008 à 20H30
Le Havre
Théâtre Municipal Les 27 et 28 Décembre 2008.
Le point de vue d'une spectatrice:
Je me suis rendue hier à la première de Bille de clown , accompagnée de Claude Duty (qui n'avait pas oublié d'emporter sa caméra). Il y avait de la magie sur la scène : quelques ampoules autour d'une piste, quelques autres suspendues dans les rideaux, et tous les cirques de nos mémoires étaient soudain présents. Point de ménagerie avec fauves encagés pourtant, ni de numéros spectaculaires à donner le frisson, mais la simple histoire d'amour entre un enfant perdu et un poney, qui, devenus brutalement adultes sous les bombes d'une guerre, vivent enfin heureux dans le cercle d'un chapiteau, entre les roulottes. Jusqu'au jour où – c'est alors que commence le spectacle – un commissaire de police vient enquêter sur un sabotage de matériel ayant entraîné la chute de la jolie trapéziste (que nous ne verrons pas : elle est à l'hôpital). Qui a pu vouloir sa mort ? Est-ce le même coupable qui alluma l'incendie de sa roulotte ? Notre policier (excellent Jean-Pierre Bourdaleix, qui sait si bien feindre l'étonnement, la candeur un peu niaise et passer sans transition à l'assurance de qui défend la loi) enquête auprès du gitan (Pascal Sanchez, plus vrai que nature) sur la piste d'entraînement du poney, que traverse parfois la stupéfiante femme à barbe (Laurent Beucher), dansant la gigue écossaise en robe vintage. L'affaire est bientôt entendue car il y a un suspect parfait, contre lequel les preuves s'accumulent. Mais nous sommes dans un conte, n'est-ce pas ? Un conte où les comédiens esquissent des pas de danse (chorégraphie Marion Soyer), même et surtout le poney qui tient le rôle-titre, un conte où une guitare tombe du ciel pour que le gitan puisse chanter (des textes de Jeanne Béziers - qui assure aussi la mise en scène) ; l'innocent sera donc innocenté et le coupable… ah mais je ne vais tout de même pas tout vous raconter. Les bougies s'éteignent une à une, comme les lumières et les feux de Bengale. Il nous reste un silence habité, une fumée de quatorze juillet, le rêve perdure, où nous avons cru voir l'enfant et le poney sous les bombes, la trapéziste tomber, l'incendie dévorer la roulotte, où nous avons cru, même, entendre le ressac de la mer, derrière la cabine de bain où se cachèrent des amoureux intemporels. La lumière se rallume dans la salle, et nous devons retourner à la triste réalité : nous sommes devenus adultes. Merci, merci à eux de nous avoir fait rêver. Et merci Kawa, une caresse entre tes naseaux, tes mèches ébouriffées. Kawa, qui, grâce à Pascal échappa à l'abattoir, j'en tremble rétrospectivement…
Simone Arèse
Critique de François VICAIRE pour théâtreennormandie.com
Bille de clown :
Des séductions scintillantes
Il y a de la sciure, des lumières qui clignotent comme des étoiles, un cheval dressé tout en clin d'œil et en tendresse, de belles musiques (de Philippe Davenet) multicolores et percutantes qui donnent le ton et font l'ambiance ... le spectacle que
"Bille de clown" raconte d'une manière très simplifiée une intrigue policière se déroulant dans un petit cirque dont la vedette est un cheval particulièrement perspicace. Bien évidemment l'argument n'est qu'un prétexte. Il permet de plonger dans un univers aux multiples facettes et donne à
Dans l'une et l'autre des disciplines il s'en tire avec les honneurs et le duo qu'il mène avec Kawa, son complice à quatre pattes, est parfaitement en place. Dans le rôle d'un commissaire de police de haute fantaisie, on a le plaisir de retrouver Jean-Pierre Bourdaleix toujours aussi efficace et solide et dans un étonnant emploi de femme à barbe de découvrir Laurent Beucher qui affirme une présence pleine d'humour, de fantaisie et d'élégance décalée.
La mise en scène de Jeanne Béziers jongle adroitement - au cirque c'est normal - avec le texte, la musique, les chansons, et le dressage. Et l'ensemble, qui s'insère parfaitement dans un bel espace créé par Ludovic Billy, baigne dans une sorte de chorégraphie funambulesque (celle de Marion Soyer) que les lumières de Jean-Claude Caillard parent de séductions scintillantes.
Tout cela donne un bon divertissement, sans prétention aucune mais dont se dégage une très réelle poésie qui révèle, en demi-teinte, un fond de nostalgie venant certainement du regret de
François Vicaire


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